Posté le 5 mai 2022 par La Rédaction

Depuis 20 ans, Corinne Sapinet écume les routes du département de l’Ain, de France – et bientôt de Navarre – pour sensibiliser aux dangers de la route. Qui mieux qu’une victime en effet pour dire le drame de la route et tous ses préjudices ? Le pendant, l’après surtout. Les soins passifs et actifs. Elle, a failli perdre une jambe. « C’était il y a 30 ans. Moto contre camion. » Une jambe déchiquetée, 13 opérations en tout pour la reconstituer, des soins qui durent encore aujourd’hui et une souffrance physique permanente. « Ça ne s’arrêtera jamais. » Marquée jusque loin dans sa chair, Corinne a choisi le combat pour la vie. Le partage d’expérience comme outil de prévention. Et ce message comme devise : « Ça n’arrive pas qu’aux autres ». Intervenant départementale de Sécurité routière, bénévole auprès de l’Avema pendant de nombreuses années puis au sein de sa propre association, Ain’sécurité et prévention, elle porte son témoignage et celui des victimes de la route. Celles directes et indirectes. Car au-delà de l’accident proprement dit, Corinne parle prise en charge médicale, attente interminable d’indemnisation, ruptures : professionnelle, sociale, familiale, confrontation aux experts, rééducation, reconstruction morale, physique… « On ne mesure pas tout ce qu’il y a après. » Ainsi aborde-t-elle aussi l’assurance, civile et matérielle, les effets de la consommation d’alcool ou de produits stupéfiants, la tendance au débridage des engins. « J’éveille les consciences, touche les émotions et soulève les interrogations », plaide-t-elle. Et ce, auprès de tous les publics. « De 5, jusqu’à 80 ans ! » Auprès des centres de loisirs, collèges, lycées, MFR, entreprises, collectivités, en milieu sportif de la PJJ, du SPIP… Et plus récemment des tribunaux en ordonnance pénale, dans le cadre de la lutte contre la récidive. « Sans jamais juger. » Pour apporter du préventif à la sanction, et donner du sens à la peine. Corinne affiche une vraie force de résilience, « une tchatche » aussi, lui permettant d’aborder le sujet sans tabou. Pour mieux délivrer son message, elle présente au gré de ses interventions l’exposition Vies brisées qu’elle a créée en 2018 où, par l’image et le témoignage, elle dit l’enfer des victimes et leur famille. L’écho est tel qu’une spectatrice a sollicité Corinne pour aller jusque sur l’île de la Réunion. Elle s’y est rendue fin mars et courant avril, pour rencontrer des auteurs d’infractions-délits routiers en milieu carcéral et en milieu ouvert, accompagnée par des conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation et de la PJJ ; ainsi qu’une vingtaine de classes de collégiens de 3e. À la clé une fois encore, de beaux et riches échanges pour lutter activement contre l’insécurité routière.


De retour de la Réunion…

« J’ai effectué 16 actions de sensibilisation aux dangers de la route (5 auprès d’auteurs d’infractions routières majeurs en partenariat avec le SPIP du Nord et le SPIP du Sud en milieu fermé et ouvert, 2 auprès d’auteurs d’infractions mineurs en partenariat avec la PJJ de St Paul et 9 interventions en collège auprès des élèves de 3e sur Saint-Denis et Saint-Pierre). Au total, 900 personnes rencontrées. Mon témoignage a eu l’effet d’une « bombe » pour beaucoup, car c’était la 1re fois qu’une victime de la route venait témoigner et prendre la parole.
Mon témoignage auprès des collégiens, professeurs, directeurs des établissements et des auteurs a rencontré un vif succès. Il a permis de réveiller les consciences sur le comportement routier et d’aborder de nombreuses choses comme : les préjudices endurées par les victimes, les modes de déplacement, l’importance de l’équipement, la consommation et la conduite… Mes interventions auprès du public placé sous main de justice ont eu un impact très fort. Tous ont témoigné en fin de séance avoir pris conscience des dangers de la route et ne mesuraient pas forcément qu’un mauvais comportement en conduisant pouvait provoquer autant de dégâts.  Mon témoignage sans jugement à permis de porter un discours de responsabilité auprès de ces contrevenants, d’apporter des réponses concrètes relatives à la prise en charge de la victime tant par la justice que par notre société. Les professionnels ont été très touchés par mon témoignage réel et très concret et qu’avec celui-ci la notion de prévention prenait toute son importance. Mon témoignage dans le domaine judiciaire donne du sens à la sanction et permet de lutter activement contre la récidive des délits routiers.
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Ain’sécurité prévention
Corinne Sapinet, au 06 37 86 07 95
ainsecurite.prevention@gmail.com