Posté le 30 novembre 2023 par La Rédaction

Au lieu-dit La Chevinière, sur la commune de Curtafond, siègent à table Jean-Michel Sibelle, sa maman Régine – née Vernoux en 1939 -, son épouse Maria et sa sœur Marie. Les anecdotes pleuvent sur la volaille de Bresse : les Glorieuses, les poulets de Bresse en morceaux qui font un flop, les entreprises de l’agroalimentaire qui doucement grignotent… Il faut dire que la saga Sibelle commence au début du siècle dernier, avec l’arrière-grand-mère qui élevait des dindes, la grand-mère puis sa fille, Régine, qui, elle, faisait du polyélevage à Saint-Martin-le-Châtel. Mais tout a vraiment commencé quand Régine a rencontré Roger Sibelle, né à Curtafond en 1936, et qu’elle est venue s’installer dans la ferme de son époux. « Ma mère a commencé en 1962 l’élevage de poulets de Bresse, aidée par mon père, qui était un taiseux au contraire de ma mère, et qui par ailleurs était éleveur. C’est en 1973 que ma mère a participé pour la première fois aux Glorieuses » retrace Marie, qui elle n’est pas du tout de la partie. Après quelques années avec les parents, Jean-Michel reprend le flambeau en 1996 pour devenir au fil des années un incontournable de ce concours de fin d’année, au côté de Max Cormarèche, Cyril Dégluaire et des Chattard – la liste n’est pas exhaustive – tout en continuant l’exploitation laitière. « Et dire que je me demandais ce que pouvait bien faire ma mère tout le temps avec ses poulets !

Jean-Michel Sibelle et sa maman Régine
dans leur petit musée des récompenses
des Glorieuses à Curtafond.

Eh bien maintenant je le sais… j’en ai fait le double », avoue Jean-Michel, à qui poursuivre les Glorieuses semblait logique. Le crédo pour un éleveur de son espèce : bien élever la volaille tout au long de l’année, y passer du temps, et encore du temps. Éleveur, d’ailleurs, mais pas vendeur. Sibelle s’est toujours refusé à gérer la logistique de l’expédition. Le commerce, c’est un autre métier. En décembre, chaque année, 98 % de sa production, primée ou non, part chez Miéral, à Montrevel-en-Bresse. « Une maison exigeante sur la qualité, connue partout et, le plus important, à qui nous faisons toute confiance. » 2023. La fatigue est là. Le boulot est monstre, usant, la perfection ne devant rien au hasard. À bientôt 60 ans, « il ne faut plus y faire »… Autrement dit tranquillement, avec Maria, il anticipe son départ et prépare la transmission. « Nous avons des candidats potentiels à la reprise de notre exploitation. Si la production de volailles de Bresse pouvait perdurer avec celle de lait, ce serait bien. » Pour le moment, du côté de La Chevinière, comme tout au long de l’année, on se prépare à ce qui sera l’avant-dernière participation de ce compétiteur, sous le regard – toujours – de sa maman Régine.